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Installation d'un hydrogénérateur

Avec ses produits innovants, la société Watt & Sea a ouvert le chemin d'une nouvelle génération d'hydrogénérateurs performants. D'abord limités aux budgets dignes de la course au large, la baisse des prix et l'arrivée de nouveaux fournisseurs dans ce segment en rendent l'accès possible à un nombre croissants de navigateurs au long cours. Comparés aux panneaux solaires et aux éoliennes, ces hydrogénérateurs ont une performance énergétique très élevée et sont d'une fiabilité à (presque) toute épreuve, ce pour un encombrement (panneau solaire) et une nuisance phonique (éolienne) minimale.

Disons-le d'emblée, la plus importante étape de l'installation est la réalisation d'un support et d'un mécanisme de levage robustes à l'arrière du voilier. Une installation à la « va vite » ou trop optimiste quant aux efforts subis par le support mettra en cause la fiabilité du système, comme nous l'avons constaté sur certains voiliers lors de la participation à l'ARC 2012.

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Sur les Feeling 39 DI, la configuration bi-safran permet de placer l'hydrogénérateur dans l'axe du voilier, celui-ci étant libre des turbulences d'un mono-safran. Cette configuration, favorable d'un point-de-vue esthétique, permet également de bien résoudre la question du système de relevage.

Un autre élément facilitant l'installation sur le Feeling 39 DI est le fort échantillonnage de la jupe à proximité de l'échelle de bain, ce qui permet l'attache d'un support sans renforts spécifiques. Sur notre voilier, le support a été réalisé en inox et est attaché par quatre gros boulons, deux dans la lèvre de la jupe et deux dans le retour de jupe vertical. Cette configuration a fait ses preuves et est certainement dimensionnée généreusement.

Pour ce qui est du système de relevage, l'installation de palans (ou démultiplications) rend la manœuvre aisée pour tous les membres de l'équipage. La plus grosse traction dynamique est à attendre du système de relevage, mais également le verrouillage de l'hydrogénérateur dans sa cale en position basse est facilité par un palan (minimum 2 brins). L'utilisation de cordage à faible allongement est fortement recommandée, ainsi que l'installation d'un taquet auto-largable (genre safran de dériveur) une sage précaution. La notice d'installation livrée donne toutes les explications nécessaires.

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En navigation, l'hydrogénérateur produit suffisamment d'électricité pour le bord (autonomie) à partir de 5.5 / 6.0 nœuds, ce sans perte de vitesse mesurable. Cette valeur inclut l'autopilote, une électronique relativement complète, les feux de navigation de nuit, le réfrigérateur en position moyenne ainsi qu'une utilisation normale du confort à bord (pompe à eau, lampes, etc...). Au-dessus de cette vitesse, l'excédent peut être utilisé pour un dessalinisateur, ou encore pour charger les batteries complètement (« float »).

En conclusion, l'hydrogénérateur est la meilleure solution pour les équipages prévoyant de nombreuses et/ou longues traversées. Rien n'est plus beau que de naviguer pendant 15 jours en traversant l'Atlantique sans jamais entendre un bruit de moteur à bord et ce malgré un confort électrique considérable. Logiquement, d'autres solutions sont nécessaires pour s'approvisionner en électricité une fois le mouillage atteint. C'est là que les décisions au niveau de l'équipement deviennent les plus intéressantes, à savoir dans la combinaison des différentes possibilités disponibles aujourd'hui.

Maurice, sur Sterre.

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