Les dossiers 1090/40

Les points à l'achat d'un 416

Quoi regarder quand on achète un Feeling 416

Propriétaire de ce type de bateau, j'en suis très content car il est robuste et bon marcheur comme l'était mon précédent bateau, un 1040. Le 416 est un bateau puissant et raide à la toile. C'est logique avec une largeur (4m.20) peu fréquente pour un 40 pieds et son lest en plomb. Il est bien dans la brise et il est très rare de mouiller le liston. Je ne l'ai jamais vu en plus de 10 ans "passer sur sa barre".
En navigation, son inconvénient majeur dans une houle très formée est de subir "la règle de 3", à savoir, une première vague le ralentit, la deuxième lui fait lever le nez et la troisième l'arrête. Fort heureusement, ce n'est pas fréquent et je pense que bon nombre de bateaux ont cet inconvénient. Il lui arrive rarement de "taper" mais quand ça arrive, c'est toujours dans des mers très dures.
Quoiqu'il en soit, il encaisse bien et les boiseries qui forment les couples de la coque sont largement dimensionnées et solidement scellées sur celle ci. Je tiens toute la toile (92m²) jusqu'à 25 nd de vent apparent et au delà, je prends 1 ris et conserve tout le génois. Quand j'ai deux ris (30 nds), j'endraille la trinquette sur l'étai largable surtout si j'ai de la route à faire, sinon, je roule le génois de 2 crans si je n'ai que 2 ou 3 milles à faire.

J'ai bien souvent le plaisir de gratter des bateaux nettement plus grands (45-48 pieds) et je pense que les voiles en hydranet y sont pour beaucoup.
Par petit temps, comme tous le bateaux lourds, il se traîne. Il lui faut au moins 10 à 12 nd de vent apparent pour bien avancer. Il aime bien le près et bien sûr le travers. Il n'aime pas trop la houle au portant à cause de son large cul et sa quille.
La marche arrière avec la version quillard est très facile et le bateau est très manoeuvrant. De mon point de vue, le propulseur d'étrave ne se justifie pas.
La version dériveur serait, à ce qu'on dit, moins manoeuvrante en marche arrière mais plus stable au portant en jouant avec la dérive.
Par gros temps, un étai largable est nécessaire afin d'y endrailler une trinquette.
Le spi est bien trop grand à mon goût (140 m²) et il en devient dangereux si l'équipage n'est pas à la hauteur. Il faut être au moins 3 "bons" mais pas plus.
Tous les bateaux que j'ai vus avec grand voile à enrouleur, sont pénalisés par celle ci. C'est très pratique mais au détriment des performances du bateau. C'est un choix à faire.

Les premiers points à surveiller de près lors de l'achat sont :

  1. les boiseries en orme seront difficilement rattrapables si elles sont piquées. L'orme est un bois qui noircit de façon irréversible avec l'eau de mer quand il est à nu.
  2. l'état des boulons de quille ; il faut qu'ils soient à peu près nickel. Ils sont toujours un peu rouillés mais ça doit être très léger.
  3. Regarder si les varangues n'ont pas été re-stratifiées. Si c'est le cas le bateau a talonné et ce n'est pas grave en soi si la réparation a été faite dans les règles de l'art par un chantier sérieux et sous surveillance de l'expert qui a suivi les travaux.
  4. Un nez de quille qui a un gnon à l'avant n'est pas forcément un signe de talonnage. Le plomb est un métal mou et il marque bien plus que l'acier ou la fonte.
  5. Il faut aussi regarder s'il y a de l'osmose comme tout bateau en polyester, sachant qu'aucun bateau n'a coulé à cause de cette maladie. Il peut y avoir quelques points surtout près des passe-coque. C'est facile à traiter avec du mastic epoxy.
  6. Il faut aussi regarder de près les bagues de la mèche de safran et qu'elles soient sans jeu. Il faut secouer latéralement le safran et c'est net surtout en haut de la mèche. Les jambières de safran sont à toute épreuve.
  7. Reste le moteur ; là c'est une question d'entretien, mais un Yanmar, c'est costaud.et s'il a bien été entretenu et bien manipulé (2000-2100 t/mn en croisière), il durera très longtemps. Une analyse d'huile peut apporter beaucoup d'informations.
  8. L'épontille est en inox et a peu de chance d'être cassée (sous le vaigrage)
  9. Le circuit électrique a été bien conçu et reste fiable longtemps à moins d'avoir hébergé un rat qui bouffe les gaines des fils électriques et on imagine le résultat....
  10.  Les fuites d'eau au niveau des plexis de ce que je nomme le "pare-brise".sont une maladie chronique dans les 416 et, après plusieurs essais, j'ai trouve le joint ad hoc. J'ai étanché ces plexis en mettant du joint de vitrier aux silicones comme par exemple Dow Corning 796 de couleur gris. Cela fait plus de 3 ans qu'il a été placé et je n'ai pas eu de soucis depuis.
  11. Les autres capots fuient si le joint du dormant est sale. Commencer par bien les nettoyer à l'eau savonneuse et ça a toutes les chances de régler le problème.
  12. L'électronique de bord. Pour moi les plus importants sont le sondeur et le pilote. Le reste, on peut s'en passer ou l'acheter au fil du temps en fonction du programme.
  13. Les voiles ; c'est le moteur du bateau et celles-ci doivent être en bon état et bien coupées. Il faut savoir qu'un jeu de voile en Hydranet avec un génois recouvrant à 150%, c'est au minimum 10K€
  14. Quel est le type de coulisseaux pour la grand voile normale. Si c'est le truc classique et d'origine en plastique (massif), ce n'est pas bon du tout. Ce sera à changer pour du chariot à bille ou du chariot téflon de chez Antal. C'est nécessaire pour gérer la grand voile qui est lourde et puissante. Il y en a pour une poignée de sous mais c'est important pour de la croisière lointaine.
  15. La quantité de personnes pouvant être embarquée est bien élevée en regard de la taille du frigo. Ce dernier est dans l'angle de la cuisine et il est tout petit voire mal foutu. Les 10.40 et 10.90 en version propriétaire étaient bien mieux conçus à ce sujet puisqu'il y en avait deux.
  16. Je ne parle pas du vaigrage qui sera à refaire à moins qu'il ne l'ait déjà été refait.
  17. Accessoirement, si les silent bloc du moteur ont été changés, c'est signe que le vendeur ne mégote pas sur ce qu'il y a à faire.
  18. Après, ça relève du tout venant comme par exemple, les batteries (quantité et nature), l'annexe et son moteur (sachant qu'on n'achète pas une annexe mais un bateau), les aussières, les bouts d'amarrage en forain, la nature de l'ancre (Spade ou Fortress sont les meilleures) la chaîne (au moins 60 m de chaîne de 10 en Méditerranée), le nombre et la dimension des pare battage etc ....

Comme toujours, pour un bateau d'occasion, il faut autant évaluer le vendeur que le bateau. Si le vendeur est soigneux, il y a peu de chances d'avoir un truc masqué ou sournois et embêtant à réparer.
Il ne faut pas faire de fixation sur le revêtement de la quille car rien ne tient sur le plomb. Kirié avait tenté d'y mettre du gelcoat mais ça ne tient pas. Pour ma part, j'ai abandonné l'idée de revêtir cette quille avec quelque chose. Je me contente de passer l'antifouling à même le plomb. Ce n'est pas beau, mais ça tient la saison.
Quand j'avais acheté le notre, avant de signer, j'avais pris le risque de faire faire une expertise à mes frais car de toutes façons, c'est obligatoire pour pouvoir l'assurer. J'avais pensé que j'aurais toujours pu la passer à un autre acquéreur si je n'avais pas fait affaire.

Pour les winchs, j'ai sur mon 416 les winchs d'origine, à savoir deux Lewmar de 53 et sur le roof deux Lewmar de 43. C'est largement suffisant.
Les winchs supplémentaires encombrent le cockpit où il n'y a déjà pas beaucoup de place. Ils prennent une place de choix pour les occupants du cockpit. De toutes façons, quoiqu'on mette comme winch, ils sont toujours trop petits et 4 winch à l'arrière c'est bien trop sauf si on fait de la régate..
Le pont Teck est une suggestion dont je me passerai bien sur mon canote. C'est lourd, c'est beaucoup d'entretien, c'est brûlant quand il y a du soleil, ça coûte très, très cher quand il faut le refaire et tout ça uniquement pour de la frime. Un pont en teck n'a aucun avantage.
C'est comme la jolie barre à roue qui encombre le cockpit en prenant toute la place alors que ce bateau est le plus souvent sous pilote et tout à fait gérable avec une barre franche. Quand le bateau est bien réglé, la barre ne tire pas plus que sur un bateau plus petit. Comme le plus souvent on est sous pilote, là encore ça relève de la frime et cette barre prend pas mal de gnons car elle obstrue le passage entre la jupe et la descente du carré..
Un winch en pied de mat (autre que celui des bosses de ris) est bien pratique pour installer le génois, envoyer le spi ou génaker et pour monter en tête de mat.
Une capote est un plus à condition qu'elle soit ouvrante dans sa partie centrale. Sinon, il fait trop chaud dans le cockpit.

Alain, sur Fanny de Laninon.

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