Les dossiers 1090/40

Préparation du Feeling 1090 au grand voyage

Ayant eut plusieurs fois à répondre à des propriétaires de Feeling préparant un grand voyage, une année sabbatique, un tour du monde, je résume ici la liste de mes conseils. A vrai dire, lorsque j'avais préparé Boisbarbu à son année sabbatique, j'avais probablement fait de la surenchère sur la liste des travaux à réaliser pour entreprendre ce voyage. Mon bateau était alors armé comme pour un tour du monde de plusieurs années. L'année sabbatique bien que bien remplie (16000 milles nautiques) ne nécessitait pas tout. Je vais dans cet article essayé de faire la part des choses et de relativiser l'importance de tel ou tel aménagement.

  • Le foc de route: Appelez le comme vous voudrez: foc de route, foc 2, trinquette, ... peu importe, mais il en faut un. Pour la sécurité, pour la sauvegarde du génois, pour le confort à bord, et pour la performance (vitesse et cap) du bateau. Aussitôt que nous naviguons au près, avec 25N de vent, je grée le foc de route, et n'ai jamais eu à le regretter. Suivant l'état de la mer, je le grée parfois même au dessus de 20N. Dans le même temps, il faut ariser la GV au 2ème ou 3ème ris. Mon foc de route a une surface de 17m2, endrailler par mousquetons sur l'étai largable. La manoeuvre prend du temps pour installer l'étai largable, mais on peut faire ça à la cape, tranquillement, le harnais capelé. Voir l'article.
  • Le portique : à l'arrière du bateau, ce portique a sur Boisbarbu de multiples fonctions. Support de l'éolienne, des panneaux solaires, du radar, et d'autres antennes (AIS, GPS, MerVeille), le portique est aussi le moyen très pratique de remonter l'annexe, sans encombrer le pont avant ou sans avoir à dégonfler cette annexe. J'ai pu observer que la plupart des bateaux sans portique, finissent par laisser l'annexe une nuit à l'eau, et qu'ils sont alors la proie des petits voleurs d'annexes (trop facile). Voir l'article sur le portique.
  • Le pilote automatique : Indispensable. C'est un équipier à part entière, et qui sait barrer des nuits sans se faire relayer, ni réclamer une thermos de café. Mais rien n'est parfait: ça consomme de l'électricité (3 à 10 ampères suivant l'état de la mer) et ça peut tomber en panne (électonique, mécanique, hydraulique). Boisbarbu est équipé d'un vieux pilote NKE, in board, hydraulique, sur secteur de barre. Je l'adore et ne saurait plus m'en passer.
  • Le régulateur d'allure : Boisbarbu n'en a pas, et parfois je le regrette. Tous ceux qui ont un WindPilot en sont ravis. Il se fixe bien dans la jupe du Feeling. Par contre, ça gêne pour accèder par l'arrière ou pour aller prendre un bain. Mais aucune consommation d'énergie électrique. Juste les voiles à bien équilibrer pour que le sillage tire droit. Ce serait à refaire, j'installerais un régulateur.
  • La navigation électronique: Que ce soit avec un lecteur de cartes, ou avec un PC, la navigation électronique est devenue pour moi indispensable. C'est devenu tellement simple, et tellement fiable. Mon choix s'est porté sur un PC industriel tournant sous Windows. Ce PC est très fiable et n'est jamais tombé en panne, ni même crashé une seule fois en 8 années de bons et loyaux services. Mais encore tomberait il en panne, que j'ai un deuxième PC, un portable, configuré comme le premier, et qui peut être mis en oeuvre en moins de 5 mn. Quant aux cartes électroniques, elles sont devenues également très fiables. Je n'ai eu à m'en plaindre pendant toutes ces années. Je me contente donc de transporter à bord les grandes routières papier, que je n'ai pas eu le besoin de dérouler, si ce n'est pour faire un peu de pédagogie à un équipier voulant apprendre à naviguer. Voir l'article.
  • Les logiciels : Voici uniquement les principaux:
    • OpenCPN pour la navigation
    • WxTide32 pour les marées
    • JVComm32 pour la météo (cartes fax, bulletins RTTY, bulletins Navtex). Voir l'article
  • La radio BLU : un récepteur Sangean ou Sony suffit largement. Le connecter à une longue antenne filaire (10m) entre portique et tete de mat. Connecté au PC il permet de recevoir les bulletins météo décriptés par JVComm32.
  • L'AIS (Automatic Identification System) : Avec le PC, l'AIS serait pour moi un Must pour un grand voyage. J'en suis équipé depuis 3 ans, et c'est vraiment une grande sécurité et une grande source d'information pour gérer les routes de collision. Se méfier toutefois des informations en pays exotiques, ou bons nombre de navires (pêche, commerce) n'en sont pas équipés, même si c'est obligatoire. Savoir aussi que les militaires ne montrent évidemment pas de signes d'AIS.
  • Les batteries : Rajouter une batterie supplémentaire: 2 batteries de service et une batterie moteur, c'est bien. Boisbarbu a 2 batteries de 110Ah et une de 170Ah. De quoi étaler la consommation du pilote sur toute une nuit de navigation, en attendant les rayons du soleil sur les panneaux photovoltaiques. J'ai fait le choix de ne pas mettre les 2 batteries de service en parallèle. Je les gère l'une ou l'autre, suivant le besoin.
    Bien réflèchir aux sources d'énergie. Se souvenir que les gros consommateurs d'énergie sont :
    • le pilote
    • le frigo
    • le PC
    • le radar
    • le dessalinisateur
  • Lazy Bag : Très important pour protéger la GV des rayons brulants du soleil. On a parfois la flemme d'installer un taud de grand-voile, alors que le lazy bag se ferme en 3 minutes. C'est un budget, mais on peut se le fabriquer soi-même. Voir l'article.
  • Bande anti UV sur le génois enrouleur : Indispensable sous le soleil des tropiques, ou on fusille une voile en une saison.
  • Bimini Top : pour protéger le barreur sous le soleil tropical.
  • Taud de soleil : pour protéger l'équipage au mouillage. Il doit être simple et rapide à poser, pour ne pas risquer de rester plié dans un coffre.
  • Mouillage secondaire : je pense qu'un seul suffit, pour un mouillage par l'arrière. Mon mouillage secondaire est à poste dans le balcon arrière, prêt à être envoyé, avec un long cablot enroulé dans le balcon arrière, sur un emmagasineur de tuyau d'arrosage. Cette aussière arrière est aussi très pratique et rapide pour une première amarres à terre (le fameux "mouillage cocotier").
  • Coupe orin : pas indispendable, il reste une sécurité. En une année, je me suis pris 2 fois un bout dans l'hélice. C'est jamais drôle !
  • Le radar : Si on est équipé d'un AIS, d'un MerVeille, le radar devient moins indispensable. Et pourtant, il est irremplaçable. Ce serait à refaire, je ferais à nouveau les frais d'un radar, même si il nous a rarement servi. Mais quand on s'en est servi, nous étions vraiment contents de l'avoir. Quand s'est on servi du radar ?:
    • par brouillard, évidemment. Mais le brouillard sous ces latitudes est rare. Qui dit brouillard dit souvent pétole, donc moteur. Et alors, le radar peut fonctionner avec l'appui de l'alternateur pour charger la batterie.
    • de nuit, quand il fait froid, pour éviter de faire le quart dans le cockpit. Le radar permet alors de rester au chaud, à la table à carte, les yeux rivés sur l'écran ! Encore faut il que les batteries soient bien chargées ou que le moteur tourne. En effet, mon radar consomme 4A en émission.
    • quand le risque de collision nous fait douter. Eh oui, de nuit, on voit les feux de navigation d'un autre navire, mais c'est souvent difficile d'évaluer sa distance et donc le délai que l'on a pour manoeuvrer, empaner, ... Alors un petit coup de radar, et on comprend un peu mieux la route du navire en face.
    • pour arriver sur un mouillage, par nuit noire. Quoique maintenant, avec la navigation électronique, on puisse se fier aux cartes. Mais les cartes ne montrent pas une bouée, une tonne, une barque, un bateau au mouillage.
  • Le dessalinisateur : vraiment pas indispensable pour une année sabbatique classique en atlantique nord. On trouve de l'eau douce pratiquement partout. Et il faut avoir acheté une bonne quantité de bonbonne d'eau minérale avant d'avoir amorti le coût d'un dessalinisateur. Il est vrai que le dessal' donne une bonne autonomie dans les mouillages des Antilles ou des Bahamas, ou les points d'eau sont moins nombreux. Encore faut il pouvoir l'alimenter en électricité. Mon dessal' consommait 5 ampères, et il fallait une heure pour produire 4 ou 5 litres. Autant dire que nous l'allumions au mouillage, que quand l'alizé soufflait fort (20N minimum) pour que l'éolienne étale la consommation du dessalinisateur. Voir l'article.
  • Matériel de rechange : Aucun matériel de rechange n'est vraiment indispensable, sauf le jour ou on a besoin. Mais comme c'est imprévisible, on risque d'embarquer de nombreuses pièces détachées, lourdes et honéreuses.
  • Matériel d'entretien : Les basiques: outils, visserie inox, huile moteur, huile inverseur, huile guindeau, huile pilote, filtre à huile, filtre carburant, turbine pompe à eau, joint spi pompe à eau, joint pompe à eau, serflex, trousse de couture des voiles et tauds, trousse de matelotage, fer à souder, cosses, fusibles, fil électrique, voltmètre, ...

 

J'en oublie certainement, mais cette liste peut s'enrichir avec vos suggestions.

Gérard

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