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Ris automatiques

La solution prise de ris automatique sur Avel Douar

ATTENTION : Je n’ai RIEN inventé. Ce système est connu sous le nom de « ris automatique », et le montage des coulisseaux sur garcette sous le nom de transfilage. (Ça fait d’ailleurs des années que je me demande pourquoi ce système de transfilage n’est pas proposé « par défaut » par les voiliers)

Il y a plein d’autres solutions pour la prise de ris. Celle là, c’est juste la mienne, sans doute pas meilleure que les autres, mais j’y suis habitué.

Je l’utilisais depuis toujours sur mon ancien bateau. Quand j’ai acquis Avel Douar, j’ai été surpris de constater que je devais aller en pied de mat pour dégager les coulisseaux, frapper l’oeillet d’amure sur les crochets et prendre le ris avec une bosse dans les coinceurs au niveau du vit de mulet, alors que la drisse était renvoyée au cockpit.

L’ancien propriétaire naviguait en couple. Tout seul, je n’avais pas les bras assez longs. Donc…

pour éviter de me balader en pied de mat, de sortir les coulisseaux et d'avoir à mettre l'œillet de ris sur ces p.. de crochets, j'ai ramené les bosses de ris au cockpit (la même fait le circuit point d'amure. point d'écoute), monté les coulisseaux de ralingue sur une garcette jusqu'au 3ème ris et frappé une poulie sur chaque œillet de ris.

ATTENTION : Sur le schéma joint, je n’ai représenté que les 1er et 3ème ris.

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Matériel:

  • Côté point d’écoute, 3 poulies simples à plaquer (1 pour chaque bosse de ris)
  • Côté point d’amure : 1 poulie double à plaquer qui sert pour le 1er et le 3ème ris, 1 poulie simple à plaquer pour le 2ème ris
  • 1 poulie triple à émerillon pour le pied de mat
  • 1 renvoi triple à plat pont
  • 1 coinceur triple
  • 3 poulies à brêler (1 pour chaque œillet de ris au point d’amure)
  • Une dizaine de coulisseaux
  • Garcette
  • Pince et rivets pop
  • Joint silicone
  • En option : 3 oreilles de chien (j’y reviendrai.. personnellement, je n’en ai pas mis)
  • Quelques km de drisse Ø 8 (de couleur différente pour chaque ris). Sur Avel Douar, c’est un verre de rouge.. (oups.. pardon : 1 vert, 2 rouge). On est en Bretagne !

Pose:

Les poulies à plaquer sont en inox. La bôme en alu..ne pas oublier d’intercaler une couche de joint silicone pour éviter les phénomènes d’électrolyse.

Coté point d'écoute:

poulies à plaquer destinées aux 1er et 3ème ris sur le même côté de la bôme. 2ème ris de l’autre côté

Penser à bien positionner les poulies à plaquer une dizaine de cm en arrière de la verticale abaissée de l'œillet correspondant pour que la bordure soit tendue quand on prend le ris.

Coté point d‘amure:

La poulie à plaquer double côté 1er et 3ème ris, la poulie à plaquer simple de l’autre côté. Les fixer le plus près possible du vit de mulet (sans oublier la couche de silicone)

La poulie triple sur émerillon:

est prise en pied de mat (dans l’axe du bateau, sur l’anneau situé sous la fixation du hâle-bas)

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Le renvoi triple à plat-pont

est situé à côté de celui d’origine (avec une contre-plaque)

Le coinceur triple

est fixé à côté de celui d’origine (aussi avec contre-plaque)

 

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Sur la voile:

Le système n’étant pas prévu en standard, il n’y a pas d’œillets prévus d’origine. J’ai donc passé la garcette dans les rabans de coulisseaux présents sur la voile.

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La garcette est de la même longueur que la hauteur de ralingue correspondante (prévoir un peu plus long pour compenser la longueur perdue par les nœuds à chaque extrémité et sur les coulisseaux).
Fixation basse la manille du vit de mulet. La garcette passe par tous les rabans de coulisseaux jusqu’à celui situé AU DESSUS du 3ème ris.
Fixation haute : sur le coulisseau au dessus du 3ème ris
Une poulie brêlée est fixée sur chaque œillet d’amure des ris.

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Circuit des bosses:

le point fixe est le pontet de ris sur la bôme→œillet de ris sur la chute→poulie à plaquer de point d’écoute→poulie à plaquer de point d’amure→poulie brêlée→poulie de pied de mât→renvoi à plat pont→coinceur 

Une fois ce système monté, un coup de disqueuse pour enlever les crochets de ris d’origine ou les condamner avec un bouchon. Sinon le transfilage a tendance à s’accrocher dedans.
On peut monter ce système sans mettre de poulies à brêler, en passant simplement la bosse dans l’œillet d’amure correspondant.
Mais il y a 3 inconvénients résolus par la pose de la poulie :

  • Ça glisse mal
  • A la prise de ris, l’oeillet se positionne au dessus de la bôme, et la voile est pincée par la bosse tendue. A fortiori au 2ème, et pire au 3ème.
  • à partir du 2ème ris, ça fait un gros paquet empilé au niveau du point d’amure, et celui-ci n’est plus au niveau de la bôme. Du coup, la bordure est moins tendue, la voile fait des plis et a tendance à creuser.

Avec la poulie brêlée:

La poulie brêlée vient au niveau de la poulie à plaquer fixée sur la bôme côté vit de mulet. La toile se met donc de ce côté de la bôme (et pas en sac au dessus). Si on a pris la précaution d’alterner les ris (1er et 3ème ris sur un bord, 2ème ris sur l’autre bord), à la prise du 2ème ris, la toile en surplus viendra se ranger sur la bôme du côté opposé à celle du 1er ris, et idem pour le 3ème par rapport au 2ème.

Plutôt que de brêler directement la poulie sur l’œillet de ris, on peut passer une oreille de chien et fixer la poulie dessus. L’avantage est que la longueur de ladite oreille (et encore, ça dépend de la race !), permet de compenser l’épaisseur de la toile en surplus.
J’ai préféré brêler directement la poulie sur l’œillet pour deux raisons :

  • Montée sur oreille de chien, la poulie mobile est justement un peu trop mobile à mon avis. Elle garde un degré de liberté correspondant à un arc de cercle de rayon égal à la longueur de l’oreille de chien. D’où tendance à partir en haut et en arrière quand elle est sous tension. Soit mauvaise tension de la bordure et voile qui creuse. Le brêlage direct est plus court
  • L’oreille de chien travaille en arrachement sur l’œillet de la voile. Si la poulie est brêlée directement, l’œillet est solidarisé avec la ralingue.

 Du coup, prise de ris complète sans sortir du cockpit : les coulisseaux viennent s'empiler les uns sur les autres dans la gorge, mais la longueur de garcette compense cet empilement et permet de descendre les oeillets de ris au niveau de la bôme.

Il y a juste à 

  1. Lâcher de l'écoute de GV et le hale bas.
  2. Lacher la drisse en reprenant de la bosse de ris.
  3. Réétarquer la drisse, réétarquer le hale bas, reprendre de l'écoute....

Personnellement, jusqu’au largue, je ne modifie pas ma route pour la prise de ris. En surbordant un peu la voile d’avant, elle déverse dans la GV et c’est suffisant pour la déventer.

Remarque:

l’installation de ce système est plus longue à décrire qu’à faire.

Roland.

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