Les dossiers 1090/40

Le bout dehors de Boisbarbu

Le Bout Dehors permet de frapper le point d'amure du spi asymétrique de Boisbarbu, en le déportant à l'extérieur du balcon avant.

Après quelques essais de bout dehors avec des espars métalliques, qui se sont misérablement tordus, et dans l'impossibilité de poser un bout dehors du commerce en raison de l'encombrement de la trappe de baille à mouillage, j'ai finalement décidé de fabriquer mon bout dehors, en carbone, à la mesure du Feeling 1090, et adapté à son étrave.

Ce bout dehors n'a pas besoin de sous-barbe, vu la solidité du carbone. Il n'a jamais cassé, ni même fléchi. La photo montre Boisbarbu dans la brise devant les cotes syriennes, (25 N) sous spi assymétrique au largue, voire travers, là ou la tension est maximum sur le point d'amure.

Le bout dehors tient par 2 points et un appui. Les 2 points sont facilement démontables, ce qui permet de déposer le bout dehors avant d'arriver à un ponton ou au mouillage sur coffre.

Le point de fixation principal, et supportant tout l'effort est sur la clavette du davier d'étrave bâbord. La clavette s'enfile dans un tube métallique fixé sur le bout dehors par quelques tours de fil de carbone, comme sur la photo de droite. Sur la photo de gauche, on voit le relief de ces tours de fil de carbone.

D'une longueur de 87cm et diamètre extérieur 70mm, il dépasse de l'axe du davier de 45cm.

Le point de fixation secondaire supporte peu d'effort. Il sert juste à l'équilibre latéral du bout dehors. Il est sur le balcon avant bâbord, sécurisé par une clavette. Ce point est fait par 2 feuilles de carbone espacées de 26 mm et stratifiées sur le tube.

Le point d'appui, sous l'arrière du tube, subit un effort d'écrasement important, sur la plage inox de la baille à mouillage.

Procédé de fabrication

Un tube PVC de 63 mm de diamètre et de 80 cm à 1 m de longueur, dans lequel on emboite de chaque côté une simple cale en bois qui a 2 rôles: celui de recevoir un axe de rotation utile pendant la strafification, et celui de recevoir une quarantaine de clous autour desquels on va tisser le fil de carbone sur toute la longueur du tube. Comme le montre la photo, mes cales de bois sont très rustiques, trouvées dans une poubelle du chantier. J'ai du faire ça à la va vite, au printemps 2004, efficacement formé et aidé par mon ami Jean-Claude, expert en stratification carbone. Je n'ai pas eu le temps de prendre de photo, mais le fil de carbone mouillé de résine époxy, démarre d'un clou (Cd), pour se tendre le long du tube, faire le tour du clou (Cg) sur l'autre extrémité du tube, revenir au clou Cd+1 voisin du premier clou, repartir au clou Cg+1 sur l'autre extrémité, en aller retours successifs tout autour du tube. Une fois que ce transfilage est réalisé une fois, on peut le faire une deuxième et troisième fois, pour solidifier l'ensemble, en longitudinal. Se souvenir que la résistance à la rupture du fil de carbone une fois dans l'époxy, est de 140 kg. Donc 40 clous, sur 3 tours: 120 fils de carbone alignés autour du tube PVC. C'est costaud ! Côté poids, ce fil carbone pèse 0,4 g/m. Donc si j'en ai mis 120 m, c'est un poids de 48 g, auquel il faut ajouter la résine, c'est à dire environ autant. Il faut ajouter à cela le tissu bi-biais et les fixations et appui. Le tube PVC restera à l'intérieur du bout-dehors.

Ensuite, pour éviter que sous les efforts du spi, l'écheveau de carbone ne risque d'exploser, il faut entourer cet écheveau de fils, par un tissu carbone sur un tour 1/4. Disons du bi-biais en 200 gr. Faute de temps pour polymériser sous vide, nous avons entouré l'ensemble d'une bande de tissu d'arrachage pour tenir le tout bien serré et expurger le trop de résine. Quelques heures plus tard, alors que la résine a polymérisé mais en restant un peu pégueuse, je fixe l'appui et le point de fixation du balcon.

La résine époxy utilisée a été une Sicomin SR8200 et son durcisseur SD8203, très fluide et à prise lente.

Une fois le bout dehors entièrement polymérisé (quelques jours), et le tissu d'arrachage retiré, je le coupe aux extrémités et le place dans un sac poubelle noir, au soleil derrière le pare brise de la voiture, pour atteindre une température de 80°C pendant 4 à 5 heures, ce qui réalise la cuisson de l'espar. Il faut ensuite peindre le bout dehors avec une peinture polyuréthane, pour le protéger des UVs (eh oui, l'époxy ne supporte pas les UVs).

Pour avoir un fil de carbone bien enduit d'époxy, j'ai utilisé l'outil de Jean-Claude, puis confectionné le mien, ou le fil de carbone se déroule de sa bobine, passe dans un bac de résine époxy, et remonte enfin en slalomant autour de 4 tiges qui ont un role d'essoreuse. L'époxy en trop retombe dans le petit bac plastique. Le galet caoutchouc dans le bac à résine, est appuyé au fond du bac par un ressort.

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Je ne vous cache pas qu'on s'en met plein les doigts.

Gérard.

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