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Installation d’un chauffage à bord

 Confort à bord et assainissement de l’air : deux arguments qui nous poussent à installer un chauffage marin.

Première étape : le choix.

Le plus simple, sans installation et à moindre coût : un ou deux convecteurs électriques marins (environ 50€ pour un radiateur à bain d’huile). Nos panneaux solaires, bien que performants ne couvriront pas nos dépenses énergétiques et nous allons rarement dans les marinas. Cette option n’est pas envisagée.

Autonome et polyvalent :

Fabriqués par Refleks au Danemark, Dickinson Marine au Canada ou Taylors en Grande-Bretagne, les poêles marins bénéficient d’une esthétique et d’une finition très soignée, avec des matériaux nobles, inox, cuivre et laiton. Pour autant les contraintes techniques et la mise en œuvre ne correspondent pas à nos critères. Ils nécessitent une bonne isolation, une cheminée d’évacuation des gaz, prennent de la place dans l’habitacle. Option écartée pour nous.

Les chauffages à air pulsé distribuent de l’air réchauffé́ par un échangeur de chaleur, via un réseau de gaines flexibles réparties dans le bateau. La circulation d’air (temps de chauffe et température) peut être régulée par l’installation d’un programmateur. Fabriqués par des marques comme Webasto, Eberspächer ou Wallas, ces petites chaudières, très compactes, peuvent être alimentées au pétrole ou, le plus souvent, au gasoil, et être installées dans un coffre du bateau ou dans le carré (Wallas).

Le cout total de l’installation varie d’un modèle à l’autre. Pour tous, il faut rajouter au prix de la chaudière, le réseau de distribution de l’air chaud (gaines, bouches, embouts), l’isolation, l’évacuation, le branchement au carburant, le programmateur. L’ensemble fait une différence significative.

Les modèles les moins chers viennent de Chine, à partir de 150€ la chaudière+ kit de montage.

La chaudière Wallas : environ 2000€

La chaudière Webasto : à partir de 1200€

La chaudière Eberpacher : 1800€

La chaudière Autoterm/4D planar : 560€ kit de montage marine inclus.

C’est ce dernier modèle que nous décidons d’installer à bord, fiable, bon rapport qualité/prix et retours d’utilisateurs positifs.

Le kit marine comprend : la chaudière, une platine de fixation en inox, l’échappement (pot, tuyau, silencieux, colliers de fixation, isolant), l’alimentation au gasoil (tuyau, pompe, fixation, plongeur), l’arrivée d’air de la chaudière, les câbles d’alimentation électrique (tableau de commande 1,80m, pompe à carburant 6m, alimentation 6,50m 12V, la visserie et colliers nécessaires.

1 chauffage autoterm air 4d kit marine

https://youtu.be/7YLOIwj0WR0

A cela, et après la validation du réseau et du schéma de montage (détaillé en deuxième étape), nous rajoutons à la liste d’achats, une rallonge de câble d’alimentation, de l’isolant en fibre ignifuge, 1m d’échappement, un filtre à gasoil, un coude de sortie de chaudière de raccordement à l’échappement, un silencieux pour la distribution d’air chaud, les gaines (4m en Ø90 et 7m en Ø75, 4 bouches d’aérations (1fixe et 3 obturables), les adaptateurs de conduite d’air (3Y et 2 T), le programmateur.

Facture finale : 1200€

Deuxième étape : étude technique du réseau de distribution d’air pulsé. Nous devons évaluer la taille des gaines (diamètre et longueur), les passages possibles et les bouches de sortie d’air.

Nous étudions les plans du bateau, photos, autres témoignages et faisons appel à un ami professionnel en études thermique.

Pour obtenir un rendement optimal, il faut que la taille des gaines diminue à chaque branchement et au fur et à mesure que nous approchons de l’extrémité du circuit d’air, ainsi que limiter au maximum les raccords.

Nous décidons de chauffer la cabine arrière, le placard à cirés, le carré avec une bouche fixe centrale à la table à carte, et une bouche obturable qui sort en bas du placard à bouteilles, une bouche obturable dans la cabine avant.

Toutes les gaines passent à tribord par l’arrière du cabinet de toilette, dans le placard à cirés, sous l’étagère à côté de la table à cartes, à l’arrière du dossier de la bannette par les équipets, et en bas du placard à bouteille.

2 shema chauffage zephyr

En sortie de chaudière, la gaine est en Ø90. Elle passe par le silencieux (volumineux) fixé sous le support des panneaux de pont en plexiglass. Ce dispositif vise à réduire le bruit de la soufflerie transmis dans les tuyaux de distribution d’air chaud.

3 silencieux gaines dair soufflé

 Un premier raccord  4 embout en Y 90 90 75   conduit l’air vers la cabine arrière en passant au-dessus de la porte de la soute à voile.

L’air arrive dans la cabine arrière par une gaine de Ø75 et se termine par une bouche obturable. Cette gaine est recouverte d’une isolation complémentaire afin de maintenir un maximum d’air chaud jusqu’à la cabine. L’isolant choisi est fait de 2 tubes en néoprène conçu pour les canalisations de chauffage assemblés l’un à l’autre qui épousent complétement la forme de notre gaine d’air chaud.

5 passage soute à voile vers cabine arriere6 isolant mousse tuyaux air chaud7 bouche obturable cabine arriere

 Après ce premier embranchement, la gaine principale reste en Ø90, traverse la cloison pour arriver dans le cabinet de toilette, derrière le lavabo, puis dans le placard à cirés.

8 gaine arrière cabinet toilette9 gaine placard à cirés

Dans le placard à cirés nous avons un embranchement      11 raccord en T 90 90 90     et une bouche obturable.

Sous le tableau électrique, à côté du siège de navigation, nous avons un deuxième embranchement.   12 raccord en Y 90 75 75   La gaine principale diminue et passe en Ø75 jusqu’au bout du réseau.                                   

Cet embranchement alimente une bouche fixe-non obturable qui sort sous le siège de navigation.  Selon les recommandations du constructeur, Il faut impérativement au moins une bouche fixe sur le réseau afin d’éviter tout risque de surchauffe du circuit et de la chaudière.

13 raccord gaine sous tableau éléctrique

14 bouche fixe siege navigateur

La gaine principale passe ensuite en haut des équipés, descend dans le petit placard où il y a une bouche obturable, puis va dans la cabine avant, après un autre          et sort juste au pied de la penderie par une bouche obturable.

15 bouche obturable placard bouteille carré

16 bouche obturable cabine avant

17 bouches obturables avant

 Le débit est plus faible en fin de circuit, mais en obturant une des bouches du carré, on obtient un flux suffisant pour chauffer la cabine. 

Choix de l’emplacement de la chaudière : Elle doit être dans un espace ventilé, accessible pour l’entretien, protégée contre les chocs et mouvements du bateau. Le tuyau d’évacuation des gaz d’échappements doit être sûr et isolé car la température en sortie de chaudière monte à plus de 150°.

Notre voilier étant une version deux cabines, nous avons une grande soute à voile, mais déjà bien remplie.  Il y a aussi de la place dans la jupe arrière, mais l’accessibilité et la ventilation sont réduites.  Nous décidons donc de fixer la chaudière avec la platine de fixation fournie, dans le sens de la marche, sur une planche de CM collée à la coque, sur l’arrière-tribord.

18 chaudiere

L’échappement se fera par la jupe arrière avec une isolation du tuyau sur toute la longueur.

19 Isolation en fibre de verre Ø 30 mm

20 echappement jupe arrière

21 pot dechappement

L’isolant retenu sera de la fibre tressée entourant le tuyau d’échappement sur toute sa longueur, maintenu et recouvert d’une bande adhésive en aluminium utilisée en fumisterie.

Pour le passage vers la jupe arrière (CP peint), nous glissons le tuyau dans un passe cloison isolant, que nous emboitons dans un trou percé à la scie trépan.

22 Passe cloison pour tuyau déchappement23 passe cloison echappement

Nous avons utilisé trois diamètres 100, 80 et 45 permettant de percer la fibre et/ou le bois pour le passage des gaines.

24 scies trépan bateau

Nous installons deux grilles de ventilation (Ø90) à proximité de la chaudière : Une vers la jupe arrière pour l’échappement et l’autre vers le cockpit, sous le siège du barreur.

25 ventilation soute à voile

26 ventilation cockpit

L’alimentation en carburant est directement branchée au réservoir principal du bateau. Pour cela, nous perçons un trou dans la cuve en prenant soin de récupérer la limaille de fer avec une cuillère recouverte de sopalin glissée dans la trappe de visite du réservoir.

27 raccordement reservoir gasoil

28 raccordement reservoir gasoil

29 plongeur reservoir gasoil

Il n’y a plus qu’à fixer le plongeur fourni dans le kit et procéder au raccordement.

Nous rajoutons un filtre juste avant la pompe à gasoil sur le tuyau d’alimentation calé le long des parois.

Alimentation électrique : Le faisceau électrique fournis n’étant pas assez long, nous rajoutons une extension spécifique pour rejoindre le boitier de commande fixé dans le carré.

30 Câble pour panneau de commande

La chaudière est alimentée au 12V des batteries services dans la cabine arrière, au niveau du coupe-batterie. Le fil passe sous le plancher de la soute à voile, et traverse la cloison centrale vers bâbord pour être branché sous la couchette.

Le programmateur choisi permet de réguler la température, le temps et l’heure de chauffe, la ventilation. Son écran est discret, simple et intuitif.  La consommation électrique est liée au fonctionnement du ventilateur distribuant l’air chaud. Avec ce modèle, le ventilateur s’arrête lorsque la température demandée est atteinte.

31 Comfort Control panneau de commande

Conclusions :

Comparatifs, achats, étude technique : plusieurs semaines.

Installation faite en 3 jours à deux.

Utilisation : simple, efficace et intuitive grâce au programmateur.

Résultat : à la hauteur de nos attentes.

 Pas de gène lié au bruit de la chaudière ni à la soufflerie. Consommation électrique compensée par la production, mais à surveiller par des relevés. Aucune odeur remarquée à l’usage.

Claire et Antoine sur Zéphyr

Commentaires   

#1 Benjamin COLLEAU 02-11-2022 18:05
Merci pour ce bel article !
Il y a une autre méthode de chauffage tout aussi efficace, à même budget et avec quelques avantages en plus mais je recherche des retours d’expériences sur nos petites unités. C'est le chauffage par liquide de refroidissement qui fonctionne aussi lorsque le moteur est en marche ou que le ballon d'eau soit chaud, la chaudière diesel n'aura pas besoin de fonctionner.
Voici les arguments que j'en retienne en positif :
- Conversion thermique lorsque le moteur tourne (en nav)
- Conversion thermique lorsque la résistance du chauffe eau est en marche (au port 220v)
- Passage de deux durites (aller/retour) en 16mm entre les conduits petite taille.
- Meilleur rendement thermique : L'air pulsé ne vient pas du chauffage mais directement des modules aérotherme.

Je retiens le modèle Chauffage à eau au diesel FLOW 5D (700€) + des modules aérotherme (200€/sortie) en sortie de conduit. Budget entre 1200€ et 2500€.

Ce procéder est très répandu depuis une vingtaine d'année sur les camping car.

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